Les vrais coûts des transactions boursières

16 août 2017 par Banque Nationale
Femme regardant tableau

La commission est le seul coût vraiment visible lorsqu’on achète ou vend des actions en bourse. Pourtant, chaque transaction boursière implique d’autres coûts qui ne sont pas toujours visibles et parfois, encore moins prévisibles.

L’opération d’acheter ou de vendre une action ou un fonds négocié en bourse (FNB) est facturée au client par son courtier sous la forme d’une commission. Ce coût est identifiable dans les rapports de transaction.

Mais le fonctionnement du marché boursier fait en sorte que le prix payé ou reçu pour les actions inclut lui-même des coûts invisibles pour le client. Le saviez-vous?

Les vrais coûts des transactions boursières

La commission est le seul coût vraiment visible lorsqu'on achète ou vend des actions en bourse. Pourtant, d'autres coûts entrent en ligne de compte.

L’écart de prix achat-vente, identifiable avant une transaction

Le coût, qui est souvent le plus important, n’est pas complètement invisible: on peut le calculer en regardant une cote boursière détaillée. Aussi, pour chaque titre, celle-ci affiche non pas un prix, mais deux:

  • le Bid, soit le prix auquel les acheteurs sont prêts à l’acheter; et
  • le Ask, soit le prix auquel les vendeurs sont prêts à vendre un titre.

Or, le Bid (prix d’achat) est toujours inférieur au Ask (prix de vente). On utilise habituellement l’expression anglophone Bid-ask spread pour identifier la différence entre les deux prix, aussi connue en français comme «fourchette de prix» et «écart de cotation».

Ainsi, un investisseur qui achèterait une action et la revendrait immédiatement ferait une perte égale au Bid-ask spread — même s’il ne payait aucune commission.

Cet écart entre les prix de vente et d’achat sert à rémunérer le mainteneur de marché (Market maker), soit l’organisation qui assure l’appariement entre les ordres de vente et les ordres d’achat pour permettre chaque transaction.

Par exemple, si un acheteur veut acheter 125 actions d’un titre, le marché ne peut pas attendre qu’un vendeur se pointe pour offrir exactement 125 actions, alors qu’au même moment trois vendeurs veulent vendre respectivement 50, 50 et 25 actions. Un mainteneur de marché doit donc, en tout temps, acheter des actions à des vendeurs pour les tenir à disposition des acheteurs. En fin de compte, c’est donc à cet intermédiaire que l’acheteur achète le titre et non à d’autres investisseurs.

Le Market maker assume lui-même les coûts pour détenir temporairement des actions et pour acheminer les transactions d’achat et de vente. Surtout, il encourt un risque financier s’il achète des titres et que le cours descend avant qu’ils les aient vendus.

Pour se rémunérer et couvrir son risque, le Market maker achète donc moins cher qu’il revend, et inversement l’investisseur achète plus cher qu’il peut vendre.

Pour un investisseur intéressé par un rendement à long terme, le coût du Bid-ask spread est habituellement minime, mais pour un investisseur très actif, qui achète et vend des titres fréquemment, il peut devenir significatif.

Aussi, le Bid-ask spread est habituellement plus important pour les actions peu transigées, celles de plus petites sociétés qui intéressent un plus faible nombre d’investisseurs, notamment.

Deux autres coûts minimes pour la majorité des investisseurs individuels

Lorsqu’un ordre de transaction est pour un nombre de titres important par rapport à l’ensemble des titres effectivement disponibles pour des transactions au même moment, alors le fait même de placer cet ordre peut faire changer le cours du titre au détriment de celui qui a placé l’ordre.

Ainsi, s’il existe peu d’ordres de vente effectifs pour un titre, un acheteur qui se présente avec un gros ordre d’achat «réveillera» des détenteurs de titres qui n’étaient pas prêts à vendre au cours actuel, mais seraient intéressés à vendre un peu plus cher. Pour pouvoir obtenir tous les titres qu’il souhaite, l’investisseur finira donc par payer un prix plus élevé que celui au moment où il a placé son ordre.

L’inverse est aussi vrai: un ordre de vente disproportionné par rapport à la liquidité d’un titre pousse son cours vers le bas et le vendeur ne peut pas obtenir le prix qu’il attendait.

Ce coût d’impact sur les prix est habituellement négligeable ou inexistant pour un petit investisseur négociant de petites quantités d’actions de grandes entreprises.

Mais il peut être considérable pour les investisseurs institutionnels, lorsqu’ils décident de transiger une proportion significative du capital-actions d’une entreprise. Il peut aussi être important pour un investisseur individuel qui veut acheter ou vendre un gros montant d’un titre peu liquide.

Cela peut être une raison de découper une grosse transaction en plusieurs petites transactions, pour que chacune soit plus discrète et se fonde mieux dans le marché. Aussi, l’investisseur peut se prémunir en donnant un ordre à prix fixe (minimum ou maximum, selon le cas).

Enfin, tout investisseur doit assumer un certain coût d’opportunité lié au délai de chaque transaction. À partir du moment où un ordre d’achat ou de vente est donné, le montant en espèces ou le nombre de titres en jeu se trouvent bloqués jusqu’à ce que la transaction soit réalisée. Ce coût est pratiquement négligeable pour des investisseurs individuels qui visent le long terme; il peut être plus significatif pour un investisseur très actif.

La bonne gestion des coûts est une composante importante pour maximiser le rendement de son portefeuille. Chaque investisseur a donc intérêt à bien comprendre tous les coûts de transactions en établissant sa stratégie d‘investissement.

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